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Malgré sa maladie, Awa reste une femme très active, comme elle l’était dans les temps collectifs quand elle vivait encore au CHRS Cléberg. Tout en étant hébergée depuis plusieurs semaines en appartement à Oullins, elle était au foyer depuis le matin le jour où je l’ai rencontrée, pour préparer le gâteau d’anniversaire de Cécilia, la maîtresse de maison.

Patricia Carrot – Chargée de la communication ALYNEA

Jusqu’en 2014, Madame Awa KA vivait au Sénégal, son pays natal, entourée de son mari et de ses trois enfants. Propriétaire et gérante d’un atelier de couture, elle employait deux salariés pour la confection de vêtements traditionnels pour femmes.
Les établissements hospitaliers sénégalais ne pouvant lui offrir les soins nécessaires pour faire face à sa maladie, elle quitte tout pour se faire soigner. Arrivée à Lyon, elle est d’abord accueillie par un réseau solidaire compatriote, avant d’être hébergée au CHRS Cléberg à partir d’octobre 2017.
“Je suis venue en France car je savais que je pourrai me faire soigner et que je ne serai pas seule pour affronter les démarches sociales. C’est rassurant d’être entourée dans un pays que l’on ne connait pas quand on est malade.”

Outre ses traitements et son suivi médical à Lyon sud, Awa effectue régulièrement des séjours à l’hôpital. Vivre à Cléberg dans ces interludes, lui apporte une certaine quiétude. “Je me sens en sécurité ici. On ne nous juge pas parce que t’es blanc, noir, Sénégalais, Albanais, Algérien ou malade… On est tous différents, chacun avec ses difficultés, mais aussi très complémentaires. Entre nous des liens se sont créés. J’ai rencontré Nasria qui est devenue comme une sœur pour moi. Et puis il y a l’équipe qui nous soutient dans nos démarches.” En effet, Awa a obtenu un renouvellement de son titre de séjour pour raison médicale. Dans l’attente de son titre, Awa a trouvé le temps long et l’équipe, attentive à ses inquiétudes, a su la rassurer.

Ce qui fait écho à l’alerte du défenseur des droits : Jacques Toubon, au printemps dernier s’inquiétait des droits fondamentaux des étrangers en France. En effet, il constate une forte augmentation des réclamations qui lui sont adressées en matière d’accès à la santé, notamment sur leur difficulté de prouver la régularité de leur statut, nécessaire à l’affiliation à la sécurité sociale.Afin de répondre à sa demande de recevoir pendant un mois son époux, ALYNEA a proposé à Awa un hébergement dans un appartement à Oullins, lui permettant aussi de tester la vie sans le collectif du foyer.

Inscrite à la Maison de la Veille Sociale sur les listes prioritaires pour un accès au logement du fait de sa situation de handicap, un appartement à Bron vient de lui être attribué. Elle quittera donc le CHRS Cléberg courant juillet et espère recevoir sa famille au complet durant l’été et les vacances scolaires.