Fort de l’expertise de son pôle Insertion-Formation dans l’accompagnement socio-professionel, et repérée par son savoir-faire dans l’aller vers, via le Samu Social, ALYNEA intervient dans deux actions expérimentales dans lesquelles des conseillères en insertion socio-professionnelle (CISP) mobiles vont proposer un appui spécifique sur des questions d’accès à l’emploi et au logement, aux personnes vivant dans des bidonvilles ou à des jeunes qui se rendent invisibles aux yeux des dispositifs auxquels ils pourraient se raccrocher.

L’aller vers c’est d’abord un changement du rapport dans la relation accompagnant / accompagné, nécessaire afin de prendre en considération la détresse des personnes en situation de non recours aux dispositifs de droit commun. Ce sont les professionnels qui font la démarche de rechercher le public ciblé et qui vont à leur rencontre.

ALYNEA, par l’action de cette nouvelle équipe collabore avec les acteurs locaux pour décliner sur notre territoire deux stratégies nationales.

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Marie PERRET et Jannick KERVREN
Conseillères en Insertion Socio-Professionnelle mobiles d’ALYNEA
  • La résorption des squats et bidonvilles est supervisée par la DIHAL au niveau national. La Direction Départementale de la Cohésion Sociale du Rhône a fait le choix de soutenir un collectif partenaire de 3 associations (coordination : ALPIL – Action pour l’insertion par le logement ; médiation scolaire : CLASSES ; ALYNEA : médiation emploi/logement), plutôt qu’un opérateur unique.
    Depuis janvier 2021, ce collectif intervient sur trois bidonvilles de l’agglomération lyonnaise. L’un est mitoyen au Transbordeur (environ 100 personnes), les deux autres sur une zone à risques industriels majeurs de la commune de Feyzin (entre 200 et 250 personnes).
    Afin de pouvoir aborder les questions de l’accès à l’emploi, les conseillères en insertion professionnelle ciblent prioritairement les personnes ressortissantes d’un pays de l’union Européenne leur donnant le droit de travailler. Les autres sont orientées vers des dispositifs plus adaptés à leur situation.
  • Le repérage et la mobilisation des jeunes dits invisibles s’inscrit dans le cadre d’un plan national visant à former des jeunes qui échappent aux acteurs traditionnels, privilégiant là encore l’aller vers et les actions de raccrochage. Plus précisément, ce sont ciblés les 16-29 ans, appréhendés sous l’angle NEETS, (ni en emploi, ni en formation, ni en études), résidant sur le territoire Rhône Sud et qui ne bénéficient d’aucun accompagnement. Notons l’élargissement de la cible habituelle des politiques jeunesse (16-25 ans), défini au regard de l’âge moyen d’accès à un emploi stable qui se situe entre 28 et 30 ans.
    Depuis mars 2020, le plan d’action est piloté par la mission locale de Givors et mené par un consortium d’acteurs. Débuté en plein confinement, les CIP se sont rendues directement dans les quartiers, au pied des immeubles pour les rencontrer (1250 jeunes estimés).

Notre travail est complétement différent d’un CISP tradionnel qui reçoit dans son bureau, des bénéficiaires du RSA. Ici on va directement sur le terrain, en lien avec d’autres acteurs partenaires, rencontrer des personnes qui ne demandent rien pour parler d’accès à l’emploi.

Cette mise en œuvre partenariale est primordiale. Par exemple, CLASSES, Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien aux Enfants des Squats intervient dans les bidonvilles et connait depuis longtemps ces familles et leurs problématiques. L’équipe nous introduit sur le terrain auprès de celles qu’elle a déjà repérées pour travailler les questions de l’emploi. Leur mise en relation est précieuse car nous sommes presque attendues par les habitants !

Nous prenons soin de ce premier contact puisque notre objectif est de créer un lien de confiance. Que ce soit avec les habitants des bidonvilles ou avec les jeunes décrocheurs, la relation est très fragile. C’est pourquoi, nous allons les voir chaque semaine. Nous faisons un suivi très intensif ! Nous sommes un vrai repère pour ces personnes, elles se raccrochent à ce qu’elles ont.

La question de l’emploi est au début de la relation un biais pour entreprendre des démarches afin que les personnes se rattachent aux différents dispositifs de droit commun auxquels elles ont droit. C’est aussi un biais pour lever de nombreux freins à l’évolution des parcours, très variés en fonction des situations (mobilité, garde d’enfant, isolement social, handicap reconnu ou non, sans domicile, addiction, illettrisme, etc.). D’où l’importance de l’implication et la collaboration d’acteurs spécialisés dans différents domaines.

Au fil de l’accompagnement, tout en continuant de se déplacer régulièrement, on leur offre la possibilité de se mettre à « venir vers » des rdv extérieurs. Jannick KERVREN, CISP mobile – ALYNEA