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Notre responsabilité sociétale

07/02/2019

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Pour s’inscrire dans une démarche de responsabilité sociale et sociétale (RS), nous avons fait appel au collectif PhiloJist afin de dresser un état des lieux en matière de RS et nous guider pour l’améliorer.

ALYNEA se situe déjà dans une responsabilité sociétale (RS) par son statut et son cœur de mission. Pourquoi alors s’inscrire davantage dans cette démarche RSO* ?

3 enjeux principaux

En tant qu’association nous sommes acteurs de la société civile et de ce fait engagés à répondre à un enjeu d’actualité concernant le réchauffement climatique, la biodiversité, les dysfonctionnements sociaux et politiques, etc. tous en lien avec le cœur de notre mission : améliorer la situation des plus démunis.
En d’écoule un enjeu éthique : comment concilier exigence et humanisme ? comment répondre au besoin de s’accroître et parallèlement renforcer sa performance

vis-à-vis de ce qui représente l’urgence sociale, tout en répondant au besoin de qualité de service, conserver l’esprit associatif et notre approche humaine du prendre soin ?
Enfin, une démarche RSO va nous permettre de répondre à un enjeu stratégique pour «faire association» : la durabilité de notre développement ne peut se faire qu’au travers d’une approche inclusive avec les parties prenantes internes (salariés, volontaires service civique, bénévoles), de transition (usagers) et externes (financeurs, partenaires, fournisseurs, etc.).

Un développement n’est durable que s’il n’est pas menacé d’effondrement. Le développement durable est bien plus une question culturelle qu’une seule exigence écologiste. Derrière le concept d’environnement s’exprime un ensemble varié de représentations qui n’inclut pas seulement la nature, mais ce qui nous environne au sens large : être épanoui, c’est nécessairement être épanoui par rapport à un environnement, en lien vertueux d’harmonie et donc d’équilibre avec ce dernier.
* Responsabilité sociétale des organisations

Stratégie d’actions RS à ALYNEA

Vers une culture commune associative autour de la question de l’écologie

Suite à l’audit réalisé auprès des acteurs salariés et bénévoles, la question humaine, notamment à travers la question de la relation aux personnes accompagnées est récurrente et a priorité sur la préoccupation environnementale : il s’agit d’abord de permettre le prendre soin avant de travailler la préservation de l’environnement. La question sociale est l’objectif prioritaire dans la mesure où il est primordial de dépasser les cloisonnements individuels, interindividuels ou collectifs entre les parties prenantes pour faire pleinement association en incluant au mieux les personnes accompagnées.

L’un des leviers d’actions pour mieux agir avec les personnes accompagnées est la collaboration avec des partenaires, ressources précieuses pour étoffer notre offre de service.
La question sociétale est l’objectif secondaire de notre démarche RSO.

Qu’en est-il dès lors de la question environnementale ? Comment ALYNEA peut-elle intégrer l’urgence écologique alors qu’elle doit sans cesse gérer l’urgence sociale et sociétale ?
Cette question est une préoccupation majeure et partagée dans nos esprits.

Cependant, elle n’est pas mise en oeuvre dans la mesure où chacun se sent souvent isolé et impuissant à créer un changement écologique significatif à l’échelle associative. L’environnement est donc un bon contexte, voire un excellent prétexte, pour agir sur la question sociale puis sociétale. Agir ensemble pour l’écologie permettrait de fédérer autour d’envies partagées et de mieux agir ensemble en termes associatifs.
La question environnementale constitue ainsi la porte d’entrée stratégique pour la mise en œuvre d’une démarche RS dans notre association.

Aller plus loin

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Madame C. et Monsieur V.

Un couple marqué par le sans-abrisme

Originaires de Picardie, ils quittent avec leurs 3 enfants leur maison d’Airaines en 2008 pour tenter leur chance en Corse puis à Lyon. Sans emploi, ils font face à des difficultés familiales avant de se trouver sans hébergement.

Souhaitant avant tout protéger leurs enfants et assurer leur scolarité, ils s’adressent au Conseil Général pour un placement provisoire. Ils sont orientés dans différents foyers dont le CHRS Carteret d’ALYNEA, mais la collectivité leur est difficile. Ils ne supportent ni la promiscuité, ni le cadre imposé. La collaboration avec les équipes est alors compliquée.
Pendant presque 3 ans, ils vont vivre dans la rue, abrités sous la bibliothèque universitaire rue Chevreul. La nuit, ils dorment en alternance afin que l’un des deux surveille leurs sacs à dos dans lesquels se trouve toute leur vie. En journée, ils fréquentent la Maison Rodolphe du Foyer Notre Dame des Sans Abri où ils déjeunent, se douchent, font leur lessive. Ici, ils sont suivis par Marc (prénom d’emprunt) assistant social avec qui ils seront en confiance.

« C’est la première personne qui nous a compris en repérant que le type d’hébergement qui nous conviendrait serait un appartement individuel. »

Dans la rue, leur santé se dégrade. Suzanne est hospitalisée plusieurs fois, sous-alimentée, alcoolisée, les articulations douloureuses. Les acteurs sociaux se mobilisent pour trouver une solution : Marc, la Maison de la Veille Sociale, le Samu Social 69, s’adressent au Préfet pour qu’un hébergement d’urgence soit débloqué. 5 mois plus tard, ils sont hébergés à l’hôtel.
Le couple poursuit son chemin dans un dispositif d’hébergement en appartement avec l’équipe de Polygônes d’ALYNEA qui considère que l’habitat est le point de départ de l’accompagnement.
Suzanne a arrêté de boire et soigne sa polyarthrite. Son compagnon, épileptique, suit son traitement. Grâce à des visites accompagnées par un médiateur et des entretiens téléphoniques réguliers, ils sont en lien avec leurs enfants.
Le prochain objectif est l’accès à un logement de droit commun : le bail serait d’abord signé entre le propriétaire et ALYNEA ; pendant cette durée déterminée, ils seraient sous-locataires et toujours accompagnés par Polygônes, avant que le bail « glisse » à leurs noms.

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Monsieur B.

« Rescapé de la solitude »

Monsieur B. intègre son hébergement en appartement de coordination thérapeutique en octobre 2017. Il doit alors quitter l’hébergement mis à disposition par le centre Léon Bérard où il suit un traitement médical. Même si Monsieur B. a fui, pour des raisons politiques le Congo Kinshasa, il est débouté par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) et par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Arrivé en France blessé, il apprend qu’il est gravement malade. Soutenu par l’assistante sociale de l’hôpital, il obtient un titre de séjour pour soins qui lui permet de se faire soigner et rester sur le territoire le temps nécessaire.

« Nous les Africains, on vit ensemble, on ne connait pas la solitude. Ici j’ai beaucoup souffert de l’isolement, j’étais au fond du trou. Isolé, malade, séparé de ma famille, j’avais les pires idées. »

Depuis le début de son accompagnement par Entr’Aids, il a trouvé ce dont il avait besoin, une équipe professionnelle qui se soucie des êtres humains et qui soutient moralement les personnes. Son cadre de vie lui permet également de retrouver un vivre ensemble : des relations conviviales de voisinage, le partage de petits déjeuners et de repas avec l’équipe…

« L’hôpital m’a soigné, ALYNEA m’a sauvé la vie, je suis un rescapé. »

Lors de cette rencontre, Monsieur B. est en rémission et a retrouvé du sens dans son quotidien en tant qu’agent de sécurité aux abords de l’école, et bénévole au sein de l’association Singa (mouvement citoyen international visant à créer du lien entre personnes réfugiées). Il a pu reprendre ses fréquentations à la bibliothèque, et récupérer l’appétit et le goût de vivre.

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Monsieur BEN ATTIA

Sa création d’entreprise lui ouvre l’accès au logement

Qu’avez-vous pensé de la 1ère rencontre avec l’équipe du CoWork ?

Une opportunité à ne pas rater ! Je m’y suis tout de suite accroché. Je n’avais pas beaucoup de solutions et l’accompagnement proposé était pour moi un plus, surtout pour le volet administratif. J’ai senti que ça n’allait pas être une perte de temps.

Quel est votre quotidien depuis le début de votre activité ?

Je travaille 35h par semaine : du mercredi au samedi, dans le camion de livraison et le lundi je gère l’administratif (en tant qu’auto-entrepreneur je m’occupe de la facturation, de la communication, de la commercialisation). Le dimanche, je suis avec ma famille. J’ai embauché un livreur en CDD de 6 mois à mi-temps. Un comptable gère la paie, en prestation externe. Aujourd’hui, mon objectif est d’investir dans l’achat d’un camion. Pour l’instant, on tourne en location, et ça représente une perte d’argent conséquente, surtout lorsqu’on doit en louer deux (environ 2 jours par semaine).


Mon entreprise marche bien, c’est ce que je souhaitais ! Je rembourse mes mensualités pour le crédit que l’ADIE m’a accordé pour lancer mon activité. Je me dégage un bon salaire pour payer mon loyer et nourrir ma famille. Je suis très content ! J’ai trouvé un appartement F4 à Lyon 8, dans du neuf. Être patron avec des bons chiffres, ça change tout quand tu cherches un appartement !

La fréquence de votre accompagnement a dû évoluer depuis le mois d’août, notamment depuis le début de votre activité ?

Mon contrat d’accompagnement (de 3 mois) a été renouvelé plusieurs fois. Je viens encore une fois par semaine les lundis, jour que je consacre à l’administration de ma société. Parallèlement je reste en contact téléphonique régulier. Au moindre doute, j’appelle. Sarah est comme une conseillère, dès que j’ai une question, je prends mon téléphone, « Allo Sarah ? » Elle se renseigne puis m’oriente pour que je puisse reprendre la main. Au minimum, je suis en contact deux fois par semaine avec elle. C’est vraiment un apport précieux car sans le CoWork, j’aurais des papiers non-traités. À chaque étape, le dispositif s’adapte par rapport à mes besoins.

Comment peut-on améliorer le service ?

On a fait une réunion avec les autres coworkers et l’équipe pour identifier les besoins et optimiser l’accompagnement humain en termes de formation, d’espace de travail, d’équipement en ordinateurs et imprimantes. Moi j’ai la chance d’avoir un ordinateur, mais ce n’est pas le cas pour les autres coworkers. Les gens hébergés en foyer sont en difficulté et n’ont ni le matériel, ni l’espace pour travailler. Il
manque encore beaucoup de choses nécessaires pour vraiment aider les gens qui n’ont pas les moyens. Il nous faut aussi des modules de formations simples, par exemple je ne maîtrise pas encore Excel et Word, or j’en ai besoin pour gérer mes factures.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui a envie de monter sa boite et qui n’ose pas car elle est en situation de précarité face au logement ?

Il faut y croire ! Ici il y a vraiment des gens qui ont du cœur avec des compétences, qui veulent nous aider. Il faut savoir prendre la main des personnes qui la tendent pour se mettre sur les bons rails et mener son projet. Vous déménagez ? N’hésitez pas à le contacter !