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Prévention santé mentale La collaboration entre SAAJES – Service d’Aide et d’Accompagnement juridique – et Interface 9ème (I9)

15/07/2019

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Interface 9ème est le dispositif historique de prévention en santé mentale d’ALYNEA. L’équipe, pluridisciplinaire et mobile, propose, en réponse aux sollicitations de professionnel·le·s engagé·e·s dans une relation d’accompagnement sur le territoire du 9ème arrondissement, une approche médico-psycho-sociale, considérant les individus dans leur globalité et favorisant la prise en compte de la souffrance psychique.

Rencontre avec Noémie BULLY et Julien T.
Délégué·E·s mandataires judiciaires à la protection des majeurs au SAAJES.

SAAJES est une association, basée dans le quartier de Vaise, qui accompagne sur les champs juridique et social, des personnes majeures, dont les facultés mentales ou physiques ont été altérées et qui sont placées sous protection juridique, dans le cadre du mandat du juge des tutelles. Ces mesures visent à aider des personnes vulnérables à protéger leurs intérêts.

3 types de protection possibles :

  • Le mandat spécial : mesure temporaire dans l’attente d’une décision
  • La curatelle : la personne peut gérer et administrer ses biens, mais doit être assistée par son curateur
  • La tutelle : la personne est représentée dans tous les actes de la vie civile par un tuteur.

L’étayage d’Interface 9ème

SAAJES rassemble 21 salariés pour 600 mesures de protection. Les 11 délégué·e·s mandataires, diplômé·e·s par le Certificat National de Compétence de Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs, sont souvent des professionnel·le·s issu·e·s des secteurs sociaux ou juridiques.
Collaborer avec un partenaire comme Interface 9ème, offre un soutien aux professionnel·le·s dans leur accompagnement puisque I9 apporte un complément là où SAAJES ne peut plus répondre aux besoins des personnes.
I9 est une équipe aux compétences larges puisqu’elle est constituée d’une médecin psychiatre, d’une infirmière psychiatrique, d’une travailleuse sociale et d’une psychologue. Son intervention, articulant le social et le sanitaire, permet aux personnes de trouver du sens à leurs difficultés et de cheminer vers une demande soin. Pour une meilleure socialisation, elle peut être prolongée, avec leur accord, par un accompagnement avec d’autres partenaires.

Quand faire appel à I9 ?

L’équipe d’I9 se met à la disposition des professionel·le·s du SAAJES une fois par mois pour évaluer ensemble certaines situations et mettre en place un éventuel suivi. Les raisons peuvent en être multiples :

  • Difficultés à rentrer en relation avec la personne que le·a professionnel·le accompagne.
  • Inquiètudes sur des problèmes relationnels de la personne avec son environnement social ou familial.
  • Difficultés à appréhender les causes et les conséquences psychiques des difficultés sociales de la personne.

La spécificité d’Interface 9ème c’est de proposer un étayage adapté à chaque situation grâce à une lecture personnalisée des situations et en adoptant un point de vue global des besoins de la personne.

La durée et les modalités de l’accompagnement diffèrent donc à chaque fois.
Cette hyper malléabilité dans sa manière d’aborder les situations permet d’instaurer une relation de confiance et une collaboration efficiente entre les professionnels du SAAJES, d’I9 et les usagers alors qu’a priori intégrer un tiers dans une relation de protection juridique pourrait engendrer une réticence voire une crainte chez les personnes concernées.
Noémie BULLY et Julien T.

ALYNEA a mis en place pour ses professionnels et leur public, un pendant du dispositif Interface 9ème : 3PA.
Ces deux équipes forment la plateforme psychosociale de prévention en santé mentale d’ALYNEA.

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Madame C. et Monsieur V.

Un couple marqué par le sans-abrisme

Originaires de Picardie, ils quittent avec leurs 3 enfants leur maison d’Airaines en 2008 pour tenter leur chance en Corse puis à Lyon. Sans emploi, ils font face à des difficultés familiales avant de se trouver sans hébergement.

Souhaitant avant tout protéger leurs enfants et assurer leur scolarité, ils s’adressent au Conseil Général pour un placement provisoire. Ils sont orientés dans différents foyers dont le CHRS Carteret d’ALYNEA, mais la collectivité leur est difficile. Ils ne supportent ni la promiscuité, ni le cadre imposé. La collaboration avec les équipes est alors compliquée.
Pendant presque 3 ans, ils vont vivre dans la rue, abrités sous la bibliothèque universitaire rue Chevreul. La nuit, ils dorment en alternance afin que l’un des deux surveille leurs sacs à dos dans lesquels se trouve toute leur vie. En journée, ils fréquentent la Maison Rodolphe du Foyer Notre Dame des Sans Abri où ils déjeunent, se douchent, font leur lessive. Ici, ils sont suivis par Marc (prénom d’emprunt) assistant social avec qui ils seront en confiance.

« C’est la première personne qui nous a compris en repérant que le type d’hébergement qui nous conviendrait serait un appartement individuel. »

Dans la rue, leur santé se dégrade. Suzanne est hospitalisée plusieurs fois, sous-alimentée, alcoolisée, les articulations douloureuses. Les acteurs sociaux se mobilisent pour trouver une solution : Marc, la Maison de la Veille Sociale, le Samu Social 69, s’adressent au Préfet pour qu’un hébergement d’urgence soit débloqué. 5 mois plus tard, ils sont hébergés à l’hôtel.
Le couple poursuit son chemin dans un dispositif d’hébergement en appartement avec l’équipe de Polygônes d’ALYNEA qui considère que l’habitat est le point de départ de l’accompagnement.
Suzanne a arrêté de boire et soigne sa polyarthrite. Son compagnon, épileptique, suit son traitement. Grâce à des visites accompagnées par un médiateur et des entretiens téléphoniques réguliers, ils sont en lien avec leurs enfants.
Le prochain objectif est l’accès à un logement de droit commun : le bail serait d’abord signé entre le propriétaire et ALYNEA ; pendant cette durée déterminée, ils seraient sous-locataires et toujours accompagnés par Polygônes, avant que le bail « glisse » à leurs noms.

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Monsieur B.

« Rescapé de la solitude »

Monsieur B. intègre son hébergement en appartement de coordination thérapeutique en octobre 2017. Il doit alors quitter l’hébergement mis à disposition par le centre Léon Bérard où il suit un traitement médical. Même si Monsieur B. a fui, pour des raisons politiques le Congo Kinshasa, il est débouté par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) et par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Arrivé en France blessé, il apprend qu’il est gravement malade. Soutenu par l’assistante sociale de l’hôpital, il obtient un titre de séjour pour soins qui lui permet de se faire soigner et rester sur le territoire le temps nécessaire.

« Nous les Africains, on vit ensemble, on ne connait pas la solitude. Ici j’ai beaucoup souffert de l’isolement, j’étais au fond du trou. Isolé, malade, séparé de ma famille, j’avais les pires idées. »

Depuis le début de son accompagnement par Entr’Aids, il a trouvé ce dont il avait besoin, une équipe professionnelle qui se soucie des êtres humains et qui soutient moralement les personnes. Son cadre de vie lui permet également de retrouver un vivre ensemble : des relations conviviales de voisinage, le partage de petits déjeuners et de repas avec l’équipe…

« L’hôpital m’a soigné, ALYNEA m’a sauvé la vie, je suis un rescapé. »

Lors de cette rencontre, Monsieur B. est en rémission et a retrouvé du sens dans son quotidien en tant qu’agent de sécurité aux abords de l’école, et bénévole au sein de l’association Singa (mouvement citoyen international visant à créer du lien entre personnes réfugiées). Il a pu reprendre ses fréquentations à la bibliothèque, et récupérer l’appétit et le goût de vivre.

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Monsieur BEN ATTIA

Sa création d’entreprise lui ouvre l’accès au logement

Qu’avez-vous pensé de la 1ère rencontre avec l’équipe du CoWork ?

Une opportunité à ne pas rater ! Je m’y suis tout de suite accroché. Je n’avais pas beaucoup de solutions et l’accompagnement proposé était pour moi un plus, surtout pour le volet administratif. J’ai senti que ça n’allait pas être une perte de temps.

Quel est votre quotidien depuis le début de votre activité ?

Je travaille 35h par semaine : du mercredi au samedi, dans le camion de livraison et le lundi je gère l’administratif (en tant qu’auto-entrepreneur je m’occupe de la facturation, de la communication, de la commercialisation). Le dimanche, je suis avec ma famille. J’ai embauché un livreur en CDD de 6 mois à mi-temps. Un comptable gère la paie, en prestation externe. Aujourd’hui, mon objectif est d’investir dans l’achat d’un camion. Pour l’instant, on tourne en location, et ça représente une perte d’argent conséquente, surtout lorsqu’on doit en louer deux (environ 2 jours par semaine).


Mon entreprise marche bien, c’est ce que je souhaitais ! Je rembourse mes mensualités pour le crédit que l’ADIE m’a accordé pour lancer mon activité. Je me dégage un bon salaire pour payer mon loyer et nourrir ma famille. Je suis très content ! J’ai trouvé un appartement F4 à Lyon 8, dans du neuf. Être patron avec des bons chiffres, ça change tout quand tu cherches un appartement !

La fréquence de votre accompagnement a dû évoluer depuis le mois d’août, notamment depuis le début de votre activité ?

Mon contrat d’accompagnement (de 3 mois) a été renouvelé plusieurs fois. Je viens encore une fois par semaine les lundis, jour que je consacre à l’administration de ma société. Parallèlement je reste en contact téléphonique régulier. Au moindre doute, j’appelle. Sarah est comme une conseillère, dès que j’ai une question, je prends mon téléphone, « Allo Sarah ? » Elle se renseigne puis m’oriente pour que je puisse reprendre la main. Au minimum, je suis en contact deux fois par semaine avec elle. C’est vraiment un apport précieux car sans le CoWork, j’aurais des papiers non-traités. À chaque étape, le dispositif s’adapte par rapport à mes besoins.

Comment peut-on améliorer le service ?

On a fait une réunion avec les autres coworkers et l’équipe pour identifier les besoins et optimiser l’accompagnement humain en termes de formation, d’espace de travail, d’équipement en ordinateurs et imprimantes. Moi j’ai la chance d’avoir un ordinateur, mais ce n’est pas le cas pour les autres coworkers. Les gens hébergés en foyer sont en difficulté et n’ont ni le matériel, ni l’espace pour travailler. Il
manque encore beaucoup de choses nécessaires pour vraiment aider les gens qui n’ont pas les moyens. Il nous faut aussi des modules de formations simples, par exemple je ne maîtrise pas encore Excel et Word, or j’en ai besoin pour gérer mes factures.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui a envie de monter sa boite et qui n’ose pas car elle est en situation de précarité face au logement ?

Il faut y croire ! Ici il y a vraiment des gens qui ont du cœur avec des compétences, qui veulent nous aider. Il faut savoir prendre la main des personnes qui la tendent pour se mettre sur les bons rails et mener son projet. Vous déménagez ? N’hésitez pas à le contacter !